Publié dans Culture & Média, Littérature

S’il ne fallait en choisir qu’un : « DRACULA » de Bram Stoker

Depuis mon plus jeune âge, j’aime les histoires de sorcières, de fantômes et de vampires. Cet univers si particulier, gothique dirons-nous, m’attire autant qu’il me fait peur. La littérature fantastique, quelle qu’en soit sa qualité, a nourri et nourri toujours mon imagination et mes cauchemars peuplés de ces créatures terrifiantes.

Il y a un livre que je considère comme le point d’orgue de cette passion :  Dracula, de Bram Stoker. Je me souviens l’avoir découvert à 14 ans. J’ignorais que Dracula était un personnage né de l’imagination d’un seul homme et qu’un roman éponyme fondait le mythe autour de lui.

Je dévoré ce roman. Une fois, deux fois, de multiples fois. Et toujours, je ressens le même plaisir, les mêmes frissons. Aucun autre livre ne capte autant mon attention, ne m’immerge à ce point dans le récit, et ne me fait ressentir cette angoisse latente. Je déglutis difficilement, mon cœur bat plus vite, mes tripes se tordent.

Vous allez voir, parler de ce livre n’est, à vrai dire, pas facile ; je l’apprécie tellement que la passion prend le dessus de la critique constructive. En conséquence, je vous demande de m’excuser pour les approximations, les incohérences éventuelles et le coté « groupie » qu’il m’est difficile de cacher ici.

Un chef d’oeuvre de la littérature gothique

Dracula est né d’un rêve de Bram Stoker : il a imaginé qu’une femme se penchait sur lui pour lui embrasser le cou. Rappelons qu’à la fin du XIXe siècle, les vampires sont d’ores et déjà à la mode dans la littérature (depuis près d’un siècle à vrai dire). Bram Stoker, s’il n’a donc pas inventé le personnage du vampire en tant quel tel, a donné naissance en 1897 à celui qui restera le plus emblématique du genre.

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Première édition du roman de Bram Stoker, 1897.

Pour ceux qui n’auraient jamais eu la curiosité de lire Dracula (personne n’est parfait), sachez que le roman est construit comme un recueil regroupant des pages du journal de Jonathan Harker, des échanges épistolaires entre Mina (sa fiancée) et Lucy (l’amie de cette dernière), des observation enregistrée sur un phonographe par le Dr Seward, directeur d’un asile, et des extraits de journaux. Le lecteur découvre donc le comte Dracula à travers les expériences étranges et terrifiantes que chacun des protagonistes ont fait de lui. Je n’en dirais pas plus, car ce roman doit se découvrir au fur et à mesure… Toutes ces voix sont autant de pièces de puzzle se mettant en place les unes après les autres !

En tout cas, l’atmosphère du livre est lugubre et ténébreuse, que l’action se déroule en Transylvanie – terre de traditions étranges et de folklores mystérieux – ou dans l’Angleterre victorienne et moderne, où la psychanalyse et les sciences pensent tenir la dragée haute aux croyances populaires… Mais pour affronter le comte, il faudra pourtant admettre que la Science ne peut tout expliquer et que l’être humain n’a pas la maîtrise de la vie et de la mort.

Dracula, l’éternel incompris du 7e art.

Dracula est aujourd’hui « le prince des ténèbres » le plus connu. Sa postérité doit beaucoup aux adaptations cinématographiques, télévisuels, romanesques, et jeux-vidéoesques qui ponctuent tout le XXe siècle jusqu’à nos jours.

Pour autant, aucun cinéaste n’a réussi à porter à l’écran le « vrai », l' »authentique » Dracula, celui de Bram Stoker¹. Pas même Coppola.

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Jonathan Harker (Keanu Reeves) et Dracula (Gary Oldman) dans le Dracula de Coppola, 1992.

Le personnage de Bram Stoker est envoûtant, hypnotisant, fantastique, et fascinant. On est loin, trèèès loin du personnage de Nosferatu (Friedrich Wilhelm Murnau, 1922) ou de la célèbre représentation, très lisse, découlant du film de Terence Fisher de 1966 avec Christopher Lee.  Dracula est un personnage damné, complexe, qui conserve une part d’humanité (ne serait-ce que dans son apparence, son sens de l’hospitalité et sa fierté). Tel un Benjamin Gates suceur de sang, il apparaît au début du roman sous l’apparence d’un vieillard. Là encore, rien à voir avec le film de Coppola qui porte à l’écran un Dracula franchement moche, au physique improbable (parait-il qu’on dit aujourd’hui « au physique What-the-Fuck !!! ») et qui aurait fait fuir le premier quidam. Non, au début du roman, Dracula est un vieillard-tout-ce-qu’il-y-a-de-plus-normal, arborant une belle grosse moustache blanche. En revanche, Jonathan Harker relate dans son journal la prestance de ce dernier, son allure robuste et pointe une curiosité anatomique : la paume des mains du comte est poilue. De là à dire qu’il a un poil dans la main…

Lorsque Harker a la joie et l’immense bonheur de recroiser son hôte transylvanien à Londres, ce dernier apparaît sous les traits d’un homme beaucoup plus jeune, à la moitié de sa vie. Là, Coppola s’approche déjà plus du Dracula de Stoker.

Quant à l’intrigue… Le roman est cent fois mieux mené, cent fois plus intéressant, cent fois plus terrifiant que n’importe quelle adaptation proposée jusqu’ici.

Si vous êtes un néophyte de l’univers de Stoker et si -tel un vulgaire profane- vous vous représentez Dracula tel qu’il est dépeint à l’écran, alors allez vite ouvrir le roman et plongez-vous y avec délectation (et masochisme). C’est un monde sinistre et angoissant que vous allez découvrir et croyez-moi… il ne vous laissera pas indemne !

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¹ Aaaah oui je sais, je sais… le vrai et l’authentique « Dracula » serait un certain prince sanguinaire de Valachie (région de l’actuelle Roumanie), répondant au doux nom de Vlad III L’Empaleur et ayant vécu au milieu du XVe siècle. Son père quant à lui se nommait… Vlad II Dracul. Dracul peut alors avoir deux significations : il peut s’agir d’un terme honorifique signifiant soit « dragon » (l’ordre du Dragon devait permettre la défense de la chrétienté face à la menace des voisins, les Ottomans), soit « diable », mot servant à qualifier les guerriers ayant fait preuve « de courage, d’actions cruelles [quelle merveilleuse époque…] et d’habilité ». (sources : Magazine Lire de Mars 2013).

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