Le matin, le monde m’appartient

Le matin, le monde m’appartient.

Les rues de Blois sont vides de ses passants, de ses voitures, de ses vivants. J’entends l’oiseau au loin, dans la brume et le froid de l’hiver. L’air glacé, pas encore vicié, pénètre mes poumons. Mes pas raisonnent sur les trottoirs. Le calme m’enveloppe ; et  doucement il transporte mon esprit au fil de mes pas, dans ce « moi » intérieur que, souvent, je n’écoute pas.

Les volets s’ouvrent ; la Loire s’écoule, indifférente aux rythmes de nos vies. Le soleil cherche à percer la masse des nuages gris. Et je continue à marcher, seule au monde encore un instant, au bord de l’eau, dans les rues pavées de Blois qui, là, maintenant, tout de suite, n’appartient plus qu’à moi.